Il pleuvait... Dehors, tout était gris, le genre de temps qui donne juste envie de rester chez soi sous un plaid. Ça faisait des mois que je n'avais pas allumé une console. Je venais d'acheter la toute nouvelle Switch et je tenais entre les mains mon premier jeu vidéo sur Nintendo Switch : Zelda Breath of the Wild. Je n'avais aucune idée de ce qui m'attendait, j'avais juste envie de parcourir les paysages découverts quelques mois auparavant dans la bande-annonce de ce nouveau Zelda.
C'était l'après-midi parfaite !
Inuki était venu se poser derrière moi sur le canapé pendant que je m'installais par terre, dos calé contre l'assise, une boisson sur la table basse. Il n'a pas bougé pendant des heures, dormant paisiblement, jetant, de temps à autre, un œil sur l'écran. Je crois qu'il a senti que j'avais besoin de profiter de mon après-midi à Hyrule et qu'on irait en balade après.
Je suis sortie de la grotte du Plateau du Prélude, et un beau soleil baignait de sa lumière un paysage aux allures d'aquarelle, verdoyant à perte de vue… Cinq heures plus tard, je descendais enfin de ce haut plateau, prête à découvrir ce vaste monde qui s'ouvrait à moi. C'était sans compter ma rencontre avec un magnifique petit renard. J'ai en effet passé un long moment à essayer de l'apprivoiser : à voir à quelle distance il me laissait approcher avant de filer ! Quand j'ai éteint la console, j'avais l'impression d'être sortie me promener en pleine nature toute l'après-midi. Alors qu'il n'avait jamais cessé de pleuvoir dehors.
J'avais déjà écrit un test de ce jeu en 2019, le tout premier article de ce blog. Sept ans, plusieurs centaines d'heures et beaucoup trop de Korogu plus tard, je le reprends avec un regard différent et une plume un peu plus aguerrie. Sorti le 3 mars 2017 sur Switch (et Wii U), développé par Nintendo, The Legend of Zelda : Breath of the Wild s'offre même une seconde jeunesse sur Switch 2. Je vous raconte pourquoi j'y retourne encore !
[Action, Aventure]
The Legend of Zelda: Breath of the Wild
Éditeur
Nintendo
Prix
69,99 €
Développeur
Nintendo
Console
Switch / Switch 2
Date de sortie
03/03/2017
Temps de jeu
Beaucoup trop !
Plantons le décor avant de commencer
Link se réveille après un sommeil de 100 ans, sans souvenirs, sur un vaste plateau dont on ne peut descendre au risque de se briser la nuque. Une fois réveillés et habillés, nous sortons de notre « grotte » pour découvrir un paysage verdoyant avec un panorama à couper le souffle.
Puis on aperçoit un vieil homme devant un temple en ruine… Il nous donne quelques informations et nous sert de guide pour cette phase « tutoriel », que nous devrons suivre afin de récupérer la Paravoile : celle qui nous permettra de planer et d'espérer quitter le Plateau du Prélude. En chemin, nous récupérons quatre trésors qui sont en fait des pouvoirs spécifiques : ils nous serviront tout au long du jeu pour résoudre les énigmes des sanctuaires et parfois affronter des monstres.
Et ensuite ? Sauver Hyrule et la princesse Zelda de Ganondorf, évidemment. C'est la trame de tous les Zelda depuis 40 ans… Sauf que cette fois, le jeu vous laisse une liberté totale sur la façon d'y arriver. Vous pouvez foncer sur Ganon dès la sortie du plateau, ou passer 200 heures à ne faire que vous balader. Les deux sont valides.
Un gameplay qui laisse parler la créativité
Je joue à la licence Zelda depuis Ocarina of Time, qui offrait déjà une belle liberté pour l'époque. Avec Breath of the Wild, cette liberté prend une tout autre envergure.
Le système de combat repose sur le ciblage de l'ennemi pour lui assener des attaques et esquiver les siennes (avec un peu d'entraînement et de timing) et, honnêtement, c'est ce qui marche le mieux. Lire l'attaque du monstre, esquiver au bon moment, placer sa contre-attaque… C'est bien plus efficace que de taper comme une brute. Sauf sur Ganondorf, où la technique de la brute épaisse fonctionne mieux que n'importe quelle technique réfléchie.
Mais la vraie richesse du combat, c'est la place laissée à la créativité. Face à un camp de Bokoblins, je peux approcher en silence et éliminer les ennemis un par un sans me faire repérer. Je peux mettre le feu à l'herbe pour créer un courant ascendant, m'envoler, et déclencher le ralenti en plein vol pour viser à l'arc. Je peux figer un ennemi avec Cinetis et lui envoyer une caisse en métal sur la figure. Ou foncer à cheval et sauter au dernier moment pour un tir au ralenti du plus bel effet. Chaque combat peut se jouer différemment, selon l'humeur du moment.
Seule exception : les Lynels. Contre eux, pas de furtivité possible : j'ai essayé, je confirme que non, sauf avec le masque de Lynel, et encore, je ne suis pas rassurée. Comme je ne suis pas la reine de l'esquive, je mise sur mes armures et mes armes. Ce qui m'amène à mon petit rituel personnel.
Ma méthode : découper Hyrule morceau par morceau
Au fil des années, je me suis construit une façon bien à moi d'aborder chaque région. D'abord, j'active les tours pour dévoiler la carte. En chemin, je récupère toutes les armures que je peux, je débloque les sanctuaires que je croise : juste pour les points de téléportation, sans les résoudre tout de suite. Ensuite, je pars farmer les monstres pour récupérer de quoi améliorer mes armures. Et seulement quand je me sens prête, je m'attaque au gros du contenu : comme les quatre Créatures Divines.
Les sanctuaires, je les garde de côté exprès : je les enchaîne ensuite sur deux ou trois soirées entières, les uns après les autres, comme si je me construisais un énorme donjon à l'ancienne. Un petit hommage personnel à Ocarina of Time. Activer les tours, c'est de la balade. Enchaîner les sanctuaires, c'est de la réflexion. Farmer les monstres, c'est de la bagarre. Trois ambiances différentes, et je choisis selon mon mood du soir.
Une narration silencieuse : la vraie force du jeu
C'est ce que je n'avais pas su exprimer en 2019 : une narration discrète qui ne laisse jamais le joueur s'ennuyer. Où que nous soyons dans Hyrule, il y a toujours quelque chose à faire à proximité : une petite quête, un Korogu à débusquer, un insecte à attraper, une tour à activer, un sanctuaire, deux ou trois monstres… Le jeu nous indique l'objectif final dès le début, puis il nous laisse juste avancer au gré de nos envies, et c'est exactement ce qui fait qu'on s'y sent bien même sans grand plan.
Concrètement, mes sessions ressemblent souvent à ça : j'active une tour, ça débloque un bout de carte, je repère deux ou trois sanctuaires dans le coin, je zigouille quelques groupes de monstres. De temps en temps, je fais des sessions dans lesquelles j'enchaîne plein de sanctuaires pour me créer une soirée donjon. À la fin, j'ai l'impression d'avoir vraiment avancé… Alors que je n'ai suivi aucune quête principale. C'est ça, une progression satisfaisante version BOTW : elle ne dépend pas de la trame, elle est tissée partout et par vous.
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Envie d'aller plus loin ou d'optimiser votre aventure ?
La position de toutes les armures, des Grandes Fées...
Hyrule, ma balade préférée
Ce qui me fait revenir encore et encore, c'est l'atmosphère paisible de ce monde. Peu de monde, peu de bruit, juste la nature. La première vue sur Hyrule en sortant de la grotte du Plateau du Prélude, avec sa petite cinématique, reste l'un des plus beaux souvenirs de ma vie de joueuse.
Et j'adore prendre de la hauteur, en haut d'une tour, au sommet d'une montagne, juste pour regarder au loin ce qui se passe et découvrir un nouveau point de vue.
Le style graphique y est pour beaucoup : ce rendu façon aquarelle, aux couleurs douces et lumineuses, donne à Hyrule des airs de peinture vivante. Ce n'est pas du photoréalisme, et c'est justement ce qui fait que le jeu n'a pas pris aucune une ride en neuf ans.
Je peux passer une heure entière sur le dos d'Épona, la musique de balade en fond, sans autre but que de visiter ou revisiter. Je m'arrête quand quelque chose attire mon regard, puis je repars. Le Plateau du Prélude reste mon coin préféré : je l'ai arpenté en long, en large et en travers pour en débusquer tous les secrets… Et je suis à peu près sûre qu'il m'en cache encore.
Côté lieux habités, mon cœur va au village Cocorico, niché dans la verdure au pied des montagnes, un peu à l'écart du monde, avec l'une des plus belles musiques du jeu, à mon goût. Le domaine Zora me touche aussi, parce qu'il fait écho à mes souvenirs d'Ocarina of Time.
D'ailleurs, j'aurais tellement aimé voir la place du Château d'Hyrule avant sa destruction… Elle devait être magnifique.
Et le fameux « manque de musique » que je reprochais au jeu en 2019 ? Je fais mon mea culpa : je m'étais laissée influencer par les avis des autres. En vrai, les sons ambiants suffisent largement à rendre ce monde vivant : le vent dans les canyons, la faune, les bruits de pas qui changent selon le terrain. Ajoutez à ça la lumière qui évolue au fil de la journée ; les levers de soleil sur les plaines, les orages qui s'annoncent au loin… et vous obtenez un monde qui se ressent autant qu'il se regarde.
Les musiques et même les sonorités présentes sont mémorables. La seule qui me stresse encore, c'est le thème des Gardiens. Rien que les premières notes, et mon rythme cardiaque s'emballe.
Les Créatures Divines : mon vrai bémol
Il faut que je sois honnête sur un point : les Créatures Divines, qui remplacent les donjons traditionnels de la série, m'ont déçue. Comparées aux donjons d'Ocarina of Time, elles manquent de profondeur : en une heure c'est plié, le parcours est linéaire, impossible de s'y perdre. C'est d'ailleurs pour compenser ce manque que j'enchaîne les sanctuaires en mode « gros donjon maison ».
Heureusement, l'histoire qui les accompagne rattrape le coup. Chaque Créature Divine est liée à un Prodige, et leurs histoires m'ont vraiment touchée. Vah'Ruta a été ma première, et découvrir le destin de Mipha, cette princesse Zora amoureuse de Link sans espoir de retour, m'a sincèrement fait mal au cœur. Urbosa, la cheffe Gerudo au caractère bien trempé, est ma préférée. Daruk le Goron a un côté papa attendrissant. Et Revali… Disons qu'il a un caractère de petit coq, ce qui le rend un peu moins attachant, mais c'est un bon rival pour Link.
Quant au boss final : oui, j'ai vaincu Ganon. Quelques jours avant la sortie de la suite, parce que je ne voulais pas finir le jeu tellement j'étais bien dedans.
Et franchement ? Le combat final n'est pas le point essentiel de ce jeu. Je suis ensuite retournée me balader dans Hyrule comme si rien ne s'était passé.
Mon seul regret : ne pas pouvoir profiter d'un monde apaisé après la victoire, sans monstres à chaque coin de chemin.
Le jeu s'adapte à votre énergie du soir
C'est sans doute le point que je sous-estimais le plus en 2019. BOTW n'impose pas un seul rythme de jeu : il s'ajuste à votre état du moment.
Soirée fatigue après une longue journée ? Vous pouvez papillonner à la recherche de Korogu, à la découverte d'un souvenir en traversant une forêt à cheval, longer une côte, ne penser à rien de précis… Juste chiller sur le jeu sans prendre de risque, sans pression. Tant que nous restons à une distance raisonnable du château d'Hyrule, tout est tranquille ou presque.
Soirée motivation ? Vous pouvez viser le château d'Hyrule, une Créature Divine ou encore chasser les Lynels pour looter de l'équipement de haut niveau ou avancer concrètement dans le jeu. Là, ça demande clairement plus de concentration, il y a du monde et ça peut vite mal tourner.
Cette flexibilité, c'est ce qui fait que je peux lancer le jeu un soir de fatigue sans craindre de « le gâcher », et le relancer un samedi motivée sans avoir l'impression de manquer de challenge.
Donner à Breath of the Wild le temps qu'il mérite
Soyons honnêtes : BOTW n'est pas un jeu qu'on lance 15 minutes avant de dormir.
Côté chiffres, comptez une cinquantaine d'heures pour boucler la trame principale à un rythme tranquille — et plusieurs centaines si, comme moi, vous vous laissez happer par l'exploration, les sanctuaires et la chasse aux Korogu. Autant dire que le jeu vous accompagnera de longs mois, sans jamais vous presser.
Personnellement, il me faut une bonne demi-heure rien que pour « rentrer dedans » : arrêter de penser à autre chose, refaire le point sur mon inventaire, mes objectifs du moment, ce que j'ai envie d'explorer. C'est pour ça que je le réserve à mes week-ends ou aux soirées où je sais que j'ai deux ou trois heures devant moi. Quand je peux m'offrir trois ou quatre heures d'affilée, c'est le bonheur total : c'est là que l'évasion opère vraiment. Je ne veux pas lancer ce jeu juste pour dire que j'y ai joué.
Mais ce rythme-là, c'est le mien : celui d'une joueuse qui reprend souvent sa partie après plusieurs jours, voire plusieurs semaines de pause. Si vous jouez plus régulièrement, une heure chaque soir, par exemple, l'équation change complètement : vous restez dans le fil de votre aventure, la mise en route devient quasi instantanée, et une heure suffit largement à avancer et à se faire plaisir.
Et rassurez-vous sur un point : même après des mois sans y toucher, le jeu ne vous punit jamais. Côté gameplay, on retrouve ses marques en cinq minutes. La carte vous téléporte n'importe où instantanément, le journal de quêtes rappelle où vous en étiez si besoin, et l'histoire principale n'a rien de complexe : sauver la princesse, on connaît la chanson. Ce qui prend du temps après une longue pause, ce n'est pas de réapprendre à jouer : c'est de refaire l'inventaire de ce qu'on a accompli et de décider où aller ensuite. Dans ce cas, comptez une bonne quarantaine de minutes de remise en route, et prévoyez donc une session un peu plus longue qu'une simple heure ce soir-là.
Les petites frustrations (oui, il y en a quand même)
Les armes qui se cassent un peu trop vite à mon goût. Neuf ans après, ça reste agaçant, même si je me suis créé une routine pour contourner le problème : direction le désert Gerudo, où certains Lézalfos portent des armes de bon niveau, pour faire le plein avant une grosse session d'exploration. On s'adapte, ce n'est pas rédhibitoire, mais ça demande un peu d'anticipation et on finit parfois par y prendre goût.
Je cuisine aussi systématiquement avant de partir pour une grosse expédition, pour tenir longtemps dans une zone sans avoir à revenir dormir ou soigner mes cœurs. C'est le cas dans la zone de montagne enneigée au-dessus du désert Gerudo… Je m'y perds sans arrêt…
Et il me manque toujours une pièce d'équipement après tout ce temps : le pantalon des neiges. Je suppose que ça me donne une bonne excuse pour y retourner une fois de plus.
Pourquoi j'y retourne depuis neuf ans
Ce n'est jamais pour la même raison. Parfois c'est la chasse aux Korogu pour agrandir mon inventaire. Parfois c'est pour finir les quêtes annexes que j'avais laissées de côté. Parfois c'est juste l'envie pure de me promener, de réactiver des tours une par une, de retrouver ce sentiment familier. J'ai même relancé une partie complète en mode Expert pour corser l'expérience, et racheté le jeu en version boîte avec ma Switch 2 : je l'ai relancé dès que j'ai eu la console entre les mains.
C'est devenu, avec le temps, une sorte de petit refuge. Le genre de jeu vers lequel je reviens quand j'ai besoin de calme, peu importe le prétexte que je me donne pour le relancer.
Aujourd'hui, je joue toujours installée dans le canapé, et c'est Aïko qui vient régulièrement chercher des câlins pendant mes sessions. Comme je ne fais rien de trop technique la plupart du temps, ça ne me dérange jamais de mettre en pause cinq secondes pour le câliner ; et lui, en général, sent que je suis bien et reste tranquille à côté de moi.
✅ Les plus de Zelda Breath of the Wild
- Une liberté totale : on joue comme on veut, au rythme qu'on veut
- La narration silencieuse : toujours quelque chose à faire, où qu'on soit
- Un monde paisible et magnifique, parfait pour s'évader
- Des combats qui laissent parler la créativité
- Une reprise ultra facile, même après des mois de pause
- L'histoire des Prodiges, touchante et bien intégrée
- Une durée de vie immense, sans jamais forcer
❌ Les moins de Zelda Breath of the Wild
- Les Créatures Divines, trop courtes et linéaires pour remplacer de vrais donjons
- Les armes qui se cassent trop vite
- Le combat final contre Ganon, anecdotique
- Pas de monde apaisé après la victoire
- Demande de vraies plages de temps pour être savouré
Mon avis sur Zelda Breath of the Wild
Breath of the Wild, c'est mon jeu refuge. Celui que je relance depuis neuf ans sans jamais m'en lasser, celui que j'ai racheté en version boîte avec ma Switch 2, celui dont j'ai repoussé la fin parce que je ne voulais pas le quitter. Ce n'est pas le jeu parfait : les Créatures Divines m'ont laissée sur ma faim, et, si vous avez besoin d'objectifs clairs à chaque instant, sa liberté totale pourrait vous perdre plus que vous ravir. Mais pour moi, c'est bien plus qu'un jeu : c'est une promenade en pleine nature qui m'attend, toujours, au creux de ma console. Neuf ans après, je n'ai toujours pas trouvé le pantalon des neiges, et honnêtement, je crois que je ne suis pas pressée. Ce serait une excuse de moins pour y retourner.