Yunicia cachée

Cette interview a été réalisé en juin 2022 avant l’annonce suivante :

« Koch Media GmbH annonce qu’à partir d’aujourd’hui toutes les entreprises Koch Media à travers le monde sont renommées PLAION. Ce nouveau nom s’accompagne d’une refonte complète de l’image de marque de la société. »

Bonjour à tous,

Aujourd’hui je vous propose l’interview de Cassandra qui s’occupe des relations presse chez Koch Média. L’occasion de découvrir un nouveau portrait de gameur mais aussi, une entreprise et un métier du jeu vidéo.

Bonne lecture 😉

Bonjour Cassandra peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Cassandra, j’ai 27 ans et je travaille chez Koch Media depuis 4 ans. Je suis passionnée par les jeux vidéo depuis toute petite et par l’Entertainment de manière général. J’ai toujours été intéressée par les relations humaines, la communication et l’écriture… J’ai voulu allier toutes mes passions et c’est pour ça que je me suis tournée vers les relations presse et plus particulièrement celles de l’industrie du jeu vidéo.

Comment es-tu entrée chez Koch Media ?

J’ai suivi un master de communication, et très vite je me suis destinée au métier d’attachée de presse. J’ai cherché des formations additionnelles pour me rapprocher du secteur du jeu vidéo, et j’ai trouvé un MBA Video Games Management à Paris. J’ai donc fait une année supplémentaire qui m’a permis de me spécialiser dans le jeu vidéo, de comprendre comment cette industrie fonctionne et comment un jeu vidéo est créé de A à Z.

C’était pour moi, une manière de me sentir plus légitime pour en parler de manière professionnelle. À la fin de cette formation, je devais faire un stage et j’ai répondu à une offre chez Koch Media. Je suis donc entrée comme stagiaire, puis mon stage s’est transformé en CDI.

Tu es joueuse depuis l’enfance. Quel est ton genre de jeux ? À quoi joues-tu ?

Je suis très action-aventure, j’aime découvrir toute une histoire avec des personnages forts et vivre une aventure. C’est le genre qui me plaît le plus !

Depuis que je travaille chez Koch Media, j’ai découvert tout un éventail de jeux différents dont certains genres que je ne connaissais pas très bien. Je suis assez bon public, je joue un peu à tout. Par exemple j’ai parfois des grosses périodes de j-rpg, des périodes de jeux indés, mais je finis toujours par revenir sur de l’action-aventure… Ça reste ce qui m’attire le plus : un jeu avec un beau scénario dans lequel tu rigoles, tu pleures…

En fait, j’adore ressentir des émotions quand je joue. Ce que je cherche c’est vibrer en prenant part à l’histoire et en participant aux combats. Avec ce genre-là, j’ai le sentiment que c’est le jeu qui s’adapte plus au joueur que l’inverse : tu peux appréhender le jeu comme tu le sens et c’est plutôt fun !

 

Est-ce que tu peux nous présenter Koch Media ?

Koch Media est un distributeur et un éditeur allemand de jeux vidéo qui est implanté dans plusieurs pays d’Europe mais également en Asie, aux États-Unis et en Australie.

Koch Media possède différents labels d’édition comme Deep Silver, Milestone, Vertigo Games, Ravenscourt, Prime Matter… Depuis quelques années maintenant, nous faisons partie du groupe Embracer qui possède beaucoup d’autres acteurs du jeu vidéo comme THQ Nordic par exemple.

En France, nous nous concentrons uniquement sur la distribution de jeux vidéo, mais dans les autres pays, Koch Media distribue aussi des films.

La spécialité de Koch Media, c’est l’édition physique. Nous sommes très attachés au format boîte.

Yunicia Question

Peux-tu nous parler de Koch Media France et de ton travail ?

En France, nous sommes une petite équipe de moins de vingt personnes : trois chefs produits, deux attachés de presse, une community-manager, trois commerciaux, les directeurs, le service finance, ainsi que des assistants ponctuels qui viennent pour apprendre.

Nous faisons tout en interne ! Mon rôle, en tant qu’attachée de presse, ça va être de faire le lien entre les éditeurs et les journalistes. D’un côté je m’occupe de répondre aux questions des journalistes sur les jeux et je m’assure qu’ils aient toutes les informations nécessaires, de l’autre je travaille avec les éditeurs pour mettre en avant ce qu’ils souhaitent : trailer, information spécifique, interview, assets et bien sûr test de jeux.

Mon travail consiste donc à faire le lien entre les deux et à élaborer des stratégies pour donner un maximum de visibilité au jeu, non seulement via la presse mais aussi via les créateurs de contenu, car ces derniers font aujourd’hui partie intégrante de nos stratégies marketing.

Dans une journée type, je peux être amenée à rédiger des communiqués de presse, à créer des goodies, à participer à l’élaboration de salons (comme la Japan Expo ou la Paris Games Week), ou encore à l’organisation des événements presse où nous invitons des journalistes à venir tester nos jeux directement sur place.

Selon les éditeurs, nous pouvons aussi être amenés à confectionner des kits presse ou mettre à disposition ceux qu’ils ont eux-mêmes conçus.

 

Vous éditez essentiellement des jeux en physique mais est ce qu’il vous arrive d’en éditer uniquement en digital ?

Oui, cela arrive, mais pour les labels qui nous appartiennent uniquement. Même s’ils ne prévoient pas de sortie physique pour leurs jeux, nous gérons la promotion auprès des journalistes. En revanche nous ne gérons pas les sorties numériques de nos partenaires.

Persona 5 Royal Switch
Atelier Ryza 3

Comment faites-vous pour éditer en physique des jeux provenant d’éditeurs uniquement dématérialisés ou directement de développeurs ?

Nous fonctionnons sur demande. De manière générale, lorsque nous recevons une demande, nous la transférons au siège en Allemagne qui étudie la faisabilité du projet pour une sortie en France et en Europe ou dans d’autres pays. Le plus souvent il s’agit au minimum de sorties européennes.

 

Vous éditez sur toutes les consoles y compris PC. Est-ce que les versions physiques fonctionnent toujours aussi bien ?

Nous sortons des jeux sur toutes les consoles. Parfois en exclusivité sur l’une d’elles. Globalement, nous n’avons pas de plateformes qui fonctionnent mieux que les autres, ça dépend avant tout des jeux et de la plateforme sur laquelle ils s’adaptent le mieux.

Sur PC, cela dépend des franchises. Le physique continuera à se vendre avec certaines licences. Pour d’autres, c’est plus compliqué. Pour les journalistes, personnellement je n’envoie plus d’éditions physiques PC, tout simplement parce qu’il y a beaucoup d’ordinateurs qui n’ont plus de lecteur CD et que les codes sont bien plus appréciés sur cette plateforme.

 

Vous êtes deux attachés de presse chez Koch Media France. Comment vous répartissez-vous la promotion des jeux ?

En effet, nous sommes deux avec le merveilleux Thomas Losilla. Nous avons donc splitté notre catalogue au niveau des éditeurs. Cela permet à chaque éditeur de n’avoir qu’un seul contact chez nous, et de notre côté, chacun des attachés de presse gère la sortie du jeu à 100 %.

Notre rôle est aussi de faire remonter les informations aux éditeurs ou à notre service commercial lorsque que nous organisons des previews. Nous pouvons ainsi transmettre l’engouement de la presse sur un titre en particulier et/ou faire remonter d’éventuelles remarques et bugs aux éditeurs. Cela permet éventuellement aux éditeurs de sortir un patch correcteur et aux commerciaux d’adapter les stocks envoyés à chaque magasin ou revendeur.

Yunicia adore !

Comment se passe la distribution des jeux en magasin ?

C’est la partie des commerciaux, ils vont dispatcher les titres auprès de différents vendeurs, allant de la grande distribution aux magasins spécialisés en passant par des sites de e-commerce.

Mais avant de contacter les revendeurs, le service commercial va discuter en interne mais aussi avec les éditeurs pour adapter leurs quantités en fonction du marché. En effet, un même titre ne se vendra pas de la même façon en France, qu’en Angleterre ou qu’en Allemagne, il faut donc adapter sa stratégie et ses quantités. Il faudra alors ensuite que le service commercial contacte les différents revendeurs pour les convaincre de placer nos jeux dans leurs magasins.

 

Avez-vous une boutique en ligne dédiée au jeux édités et distribués par Koch Media ?

Non, nous n’en avons pas. Si dans l’industrie, les journalistes, les développeurs et les éditeurs nous connaissent bien, ce n’est pas forcément le cas du grand public. D’ailleurs, on me demande souvent comment se prononce notre nom. On prononce bien « Kor Media ». C’est une entreprise allemande et le « ch » se prononce « r » : Koch Media.

C’est normal après tout, car nous avons choisi, en tant que distributeur de nous mettre en retrait et de mettre en lumière les partenaires avec lesquels nous travaillons. Nous sommes plus à même de mettre en avant un Deep Silver, un Koei Tecmo ou un Sega plutôt qu’un Koch Media.

Vous avez aussi régulièrement des stagiaires ?

Oui, pour des stages de six mois environ. Vu le nombre de jeux que nous sortons et le temps que nous passons sur chacun d’eux : six mois c’est le minimum pour avoir une bonne compréhension et un bon suivi sur les campagnes. Cela permet aux stagiaires d’avoir une bonne vision de notre travail.

 

Est-ce qu’en plus des relations presse vous lancer des campagnes de publicités sur les réseaux sociaux ?

Il arrive que l’Europe pilote certaines campagnes, mais nous gérons également cet aspect en local, en fonction des jeux et du budget. C’est notre community manager, en collaboration avec les chefs produits, qui s’en occupe.

 

Peux-tu nous parler des effectifs de Koch Media France et de la répartition hommes/femmes ?

La filiale à Paris existe depuis 2009. Les personnes qui y travaillent sont passionnées par les jeux vidéo et c’est très agréable car en discutant ensemble on découvre de nouveaux jeux et on apprend les uns des autres.

Travailler en parlant de notre passion tous les jours, c’est vraiment une chance ! C’est très chouette au quotidien ! Même si la charge de travail est importante et que comme partout il y a aussi des points négatifs, travailler dans cette ambiance-là contrebalance tout le reste.

Ici, au niveau de la répartition homme/femme, nous sommes sept femmes pour un peu moins de vingt collaborateurs en tout. Donc une moyenne très correcte. L’ambiance est bonne et mes collègues hommes sont bienveillants. Je n’ai jamais eu de souci à ce niveau-là.

La force de Koch Media, c’est que nous travaillons les jeux vidéo à 360° : les chefs produits vont s’occuper de créer une belle campagne marketing, les attachés de presse et la community manager vont travailler sur la communication pour faire parler du jeu, les commerciaux vont quant à eux placer les jeux en magasin.

Un mot pour la fin ?

Si vous souhaitez travailler dans les jeux vidéo foncez parce que c’est vraiment un chouette milieu. Ça reste un petit milieu où tout le monde se connaît. Il faut s’accrocher parce que même si travailler pour sa passion c’est vraiment sympa, cela demande quand même beaucoup de travail et le rythme est très soutenu. Après il faut juste se lancer !

Pour ceux qui seraient intéressés, il y a un site internet qui s’appelle l’AFJV qui regroupe toutes les annonces d’emploi du secteur. Il ne faut vraiment pas hésiter à postuler !

En travaillant dans ce milieu, aucune journée ne se ressemble, on échange avec des gens géniaux, c’est que du bonheur ! Et si vous êtes une femme, n’hésitez surtout pas : les choses changent, les choses bougent !