C’est avec un grand plaisir et pleine de nostalgie que je m’apprête à vous donner mon avis sur Carmen Sandiego, sorti sur Nintendo Switch le 4 mars 2025.
Le jeu est disponible en version dématérialisée, mais aussi en version boîte via Just for Games. La version boite inclut d’office le contenu téléchargeable (l’édition pour le 40e anniversaire de la série est juste sublime : Carmen Sandiego 40th Anniversary Édition Nintendo Switch).
Merci à Maximum Entertainment pour la clé de test qui me permet de vous proposer cette critique aujourd’hui.
Mais qui est Carmen Sandiego ?
Cette question sonne pour moi, comme un pèlerinage dans mon passé, un souvenir d’enfance d’un jeu qui m’emplissait de fierté lorsque je finissais une mission : « Mais où est Carmen Sandiego ? »
C’est l’un des premiers jeux auxquels j’ai pu jouer sur PC, je devais avoir douze ans. J’avoue en avoir gardé d’excellents souvenirs. Pas d’un point de vue graphique, mais plutôt d’un point de vue ludo-pédagogique. Il me permettait de me servir des connaissances et savoirs acquis à l’école ou dans mes revues (ImageDoc pour ceux qui se souviennent des premières versions). C’est quand même génial de trouver du sens aux récits de ses profs d’histoire/géo !
Mais revenons-en à ce jeu (et désolé pour les profs d’histoire/géo).
Carmen Sandiego est une voleuse toute vêtue de rouge dont on a du mal à retracer le passé. C’est une jeune femme brillante qui s’intéresse aussi bien à l’art, qu’a l’histoire et à la géographie. Pickpocket de renom, elle est extrêmement douée pour dérober tout ce qu’elle convoite. La particularité de ses méfaits ? Laisser des indices dans le but de jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre et plus précisément avec l’agence de détectives ACME : l’agence de classification et de surveillance des malfaiteurs.
Sa tenue est composée d’un long manteau et grand chapeau rouge qui la rende également repérable, mais elle s’en amuse. Sa tenue la fera également connaître sous le nom de voleuse écarlate.
Elle apparaît pour la première fois dans un jeu sorti en 1986 : le joueur était placé dans la peau d’un hacker qui devait suivre résoudre des enquêtes en suivant des indices et enfin retrouver Carmen Sandiego. Nous devrions suivre et arrêter les voleurs de l’organisation criminelle VILE (Vilain International Ligue of Evil) à laquelle elle semblait affiliée. Pour ce faire, il fallait rassembler des indices afin de deviner les destinations des voleurs et leur identité. Le but final était bien entendu de mettre la main sur Carmen Sandiego.
Le jeu mettait à profit les connaissances historiques, géographiques et artistiques des joueurs de façon ludique et agréable. Et à 12 ans, pouvoir mettre à profit ce qu’on a appris à l’école dans un jeu vidéo, c’est vraiment super sympa. Il me semble que cette nouvelle édition de Carmen Sandiego sur Switch inclue le jeu sorti en 86 dans un mode annexe du mode principal. Cependant, mes souvenirs sont loin et je ne peux affirmer à 100 % que ce soit le même, bien qu’il y ressemble fortement.
Que vaut Carmen Sandiego sur Switch ?
Ce nouvel opus sur console reprend les recettes de la série initiale en nous proposant cette fois d’incarner la voleuse elle-même.
Aidé par Player, un ami hacker (clin d’œil au premier jeu) depuis son bureau, Carmen se lance à la poursuite des agents de VILE pour leur reprendre ce qu’ils ont volé et les livrer à l’agence ACME. Une voleuse qui court après les voleurs en somme.
Elle sera également aidée par un agent de l’ACME qui lui permettra notamment d’utiliser la base de données criminelle afin d’identifier notre voleur et d’émettre un mandat d’arrêt à son encontre.
Une histoire découpée en enquêtes à travers le monde
Carmen Sandiego est un jeu ludo-pédagogique qui nous pousse à réfléchir à partir d’éléments du scénario, mais aussi en mettant nos connaissances personnelles à contribution. Chaque mission est l’occasion de visiter de nouveaux pays pour en découvrir des subtilités.
C’est un concept très sympathique, mais qui est malheureusement redondant… Afin, d’éviter de lasser le joueur, les enquêtes du scénario principal de Carmen Sandiego sur Switch sont donc réparties en missions. Ce découpage permet d’enchaîner une ou deux sessions de jeu avant de faire une pause et ainsi d’éviter la lassitude.
Un fonctionnement cyclique bien pensé
Le fonctionnement sera donc le même pour chaque mission à quelques rebondissements prêts :
- On nous signale un vol dans une ville en nous indiquant le lieu exact du vol, l’objet volé ainsi qu’une estimation des probables projets de revente ou autre de notre voleur. Ces éléments permettent de définir le timing de notre mission. Par exemple, notre malfaiteur inconnu a volé un rouleau ancien en chine qu’il compte revendre lors d’une vente aux enchères secrète. Celle-ci devrait, selon les sources sur place, se dérouler dans 5 jours, mais il est impossible de savoir dans quel lieu. Nous sommes alors dépêchés sur place par avion et le compte à rebours commence. La vente aux enchères a lieu dans 5 jours et c’est à nous de retrouver le voleur avant pour réussir la mission. Le jeu de piste commence alors !
- Arrivé dans la ville en question, il convient de mener l’enquête. Trois sites d’investigations s’offrent à nous et nous sommes libres de les explorer ou non. Je vous conseille fortement de les explorer à fond, surtout lorsqu’il s’agit de l’endroit où a eu lieu le vol. En effet, les personnes sur place détiennent, en général, pas mal d’informations pour identifier le suspect et ses projets. Attention, chaque visite de lieu, interrogatoire ou fouille approfondie des alentours décomptera quelques heures sur notre compte à rebours. Il convient donc d’équilibrer correctement le temps qui nous est imparti (voyage, recherches…) et le nombre d’indices nécessaires pour arriver au bout de notre mission.
- Une fois que nous estimons avoir récupéré suffisamment d’informations sur notre voleur et sa prochaine destination, nous pouvons faire le point grâce au logiciel de l’ACME et aux notes que nous avons prises.
- L’aéroport nous propose trois destinations à travers le monde pour suivre la piste de notre escroc. C’est là qu’il ne faut pas se tromper, car les vols sont longs et nous font perdre beaucoup de temps en cas d’erreur. Si vous avez récolté suffisamment d’indices, la destination devrait être évidente. On prend donc l’avion et on recommence !
Pour une résoudre une mission, on doit visiter entre 3 et 4 villes et donc 9 à 12 sites différents à condition de ne pas se tromper. Le but est bien entendu de retrouver et d’identifier le voleur le plus rapidement possible ! Plus nous sommes rapides, plus nous marquons de points, mais il est parfois bon de s’attarder et de visiter les différents lieux de fond en comble. Cela permet d’éviter les hésitations, les erreurs de destination ou d’identification de suspect.
Pour terminer la mission, il nous faudra choisir la bonne destination, celle où le voleur est censé se trouver et émettre le bon mandat d’arrêt. C’est l’agence ACME qui se chargera alors d’arrêter la cible. Et hop, fin de mission !
C’est un concept simple et très agréable, car chaque ville, chaque site visité nous apprend des choses qui nous seront utiles dans notre enquête ou pour notre culture personnelle. C’est une des particularités que j’adore dans ce jeu, on apprend en s’amusant.
Cependant, au fil de notre progression, découvrir les bonnes destinations n’est pas forcément évident ! J’avoue avoir utilisé internet plusieurs fois pour vérifier 2 ou 3 informations afin de confirmer mon choix de destination. Bien entendu, plus nous avançons dans l’histoire, plus il sera difficile de trouver la bonne destination ou d’identifier le bon suspect rapidement.
Carmen Sandiego, un jeu éducatif joliment camouflé
Les intrigues que doit mener notre voleuse écarlate sont bien construites et amènent habilement le joueur à s’impliquer dans chaque enquête. Ils doivent donc être bien concentrés et attentifs pour ne pas manquer d’informations importantes.
Ce nouvel opus offre un gameplay plus équilibré : les phases de recherche d’indices sont entremêlées à des phases de distraction via divers mini-jeux de puzzles ou d’action. Ainsi, Carmen sera amenée à poursuivre un agent de VILE avec son grappin, a déverrouillé un coffre ou encore à rétablir des signaux de divers appareils électroniques… Une manière ludique et différente de progresser.
Ces différents mini-jeux proposent un gameplay simplissime : déplacement d’objets, pression au bon moment d’une touche, ou encore de tourner des boutons façon puzzles rotatifs. Un gameplay très abordable, peut-être trop simple, mais qui colle parfaitement au style du jeu.
De plus, le design des personnages est identique à ceux de la série animée Carmen Sandiego diffusée sur Netflix, ce qui ravira les plus jeunes. Et oui, si vous vous le demandez, j’ai regardé plusieurs épisodes de la série et je trouve qu’elle est plutôt bonne pour un dessin animé.
D’un point vu général, graphiquement, on a le même rendu que la version mobile. Les détails auraient pu être plus soignés et un peu plus optimisé pour la version Switch, mais c’est un détail et ça reste joli.
Un autre point que je trouve agréable, c’est que, même si Carmen Sandiego sur Switch est un jeu en solo, on peut le partager avec ses proches et en faire un jeu collaboratif. Chaque personne peut suivre l’aventure sans forcément avoir la manette en main et donner son avis pour faire progresser l’enquête. De plus, les thématiques abordées par les enquêtes peuvent tout à fait intéresser enfants et adultes.
Cette version physique de Carmen Sandiego propose 2 modes qui sont similaires :
- Une vile opération – Le scénario principal
- Dossier de l’ACME – secrets à découvrir, qui propose une reconstitution de l’opus sorti 1986.
C’est agréable de passer de l’un à l’autre et de voir les améliorations graphiques qui ont été apportées. Et on se rend compte que les souvenirs embellissent souvent la réalité. Je ne me rappelais plus que les interfaces étaient si pauvres graphiquement parlant. En revanche, les enquêtes sont toujours aussi prenantes, que ce soit dans l’un ou l’autre de ces modes. Petite préférence pour le mode « Une vile opération » qui est quand même beaucoup plus jolie graphiquement et qui propose la même mise en scène que celle du dessin animé.
Ma conclusion 100% non objective sur Carmen Sandiego
Je suis assez nostalgique et mes souvenirs d’enfance remontent lorsque je joue à cette licence sur ma Switch ou que je regarde un épisode sur Netflix. J’aime aussi beaucoup les jeux d’enquêtes dans lesquels il faut faire marcher sa logique plutôt que sa chance. Donc prenez cette information en compte avant de lire le résumé de mon avis sur Carmen Sandiego.
Le jeu est bien construit, les phases d’enquête pures sont entrecoupées de mini-jeux de style puzzle bienvenu qui donne du dynamisme au gameplay même si on reste dans du basique. Cette fois, on est sur le terrain, ce qui donne un peu plus de puissance au scénario et d’implication au joueur.
J’adore toujours autant le concept d’enquête que propose la série qui me permet de faire des parties courtes de 20 à 30 minutes par mission tout en mettant mes connaissances en histoire/géographie et ma logique à l’épreuve.
Niveau graphisme c’est bien mieux que le premier opus sorti en 1986. Encore heureux ! Les designs des personnages collent à ceux de la série Netflix. L’ensemble est agréable sans pour autant être exceptionnel, mais suffisant pour profiter et apprécier l’aventure.
Niveau gameplay, c’est plat ! Rien qui ne sorte vraiment de l’ordinaire pour un jeu d’enquête et de puzzle. Ne vous attendez pas à devoir accomplir des actions épiques, ce n’est vraiment pas le cas. Il y a plus d’information à lire attentivement que d’action à effectuer : c’est plutôt un jeu éducatif déguisé. Et ce, même si nous incarnons Carmen Sandiego.
Bref, un jeu plutôt cool. J’avoue que, dans les jeux ludo-éducatifs, il me plait bien, car bien pensé. Pour des enfants/préados de 12-14 ans, je trouve que le concept est clairement intéressant pour eux. Beaucoup, plus intéressant pour leur développement personnel que Fortnite et compagnie.
Les plus de Carmen Sandiego :
- Un jeu ludo-éducatif bien construit
- Un scénario et des enquêtes intéressantes
- Le rapprochement graphique entre le jeu et la série
- Les petites phases de jeu de puzzle/action qui vienne donner du dynamisme à l’ensemble
- Des missions de 20-30 minutes intéressantes qui nous font voyager
Les moins de Carmen Sandiego :
- C’est un jeu cyclique
- Les graphismes pourraient être un peu plus soignés
- Le gameplay est plat